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Comme bon nombre de communes
valaisannes, Icogne n'offre que très peu de documents sur ses origines lointaines. Le plus ancien est bien sûr le
nom même du lieu.
Les premières mentions datent du XIIIe siècle: Ucogniez, Ucogni (1234), Ucogny
(1250). Certains historiens valaisans et en particulier le Chanoine Boccard prêtent au nom une origine
orientale. Selon lui, des Croisés l'auraient rapporté d'Asie Mineure (Turquie), entre 1099 et 1270.
Icogne tirerait son nom de la célèbre ville d'Iconium (aujourd'hui, Konya) en Phrygie. Toutefois,
les spécialistes de toponymie rapprochent le nom d'Icogne de celui d'Ecône (dit aussi Icône) qui vient
de (villa) Esquinia, ferme d'Esquinius, nom propre romain.
Enfin, selon M. René Duc, dans «Le Patois
De La Louable Contrée», Icogne signifierait tout simplement «au coin».
Icogne n'entre dans l'histoire au sens traditionnel du terme qu'au XIIIe siècle. C'est en effet de cette
période que datent les premiers documents écrits.
Ainsi, en 1233, nous apprenons que P. de La Tour, Seigneur de Granges, vend une maison à Icogne
(domum in villa d'Ucogni) à l'hospice du Mont-Joux (Saint-Bernard). De plus, un rôle de
redevances (1249-1276) dues à Pierre d'Ayent confirme l'existence d'une communauté icognarde à cette
époque. Par la même occasion, ce document nous donne le nom de certaines personnes et nous montre
comment on les identifie en un temps où les noms de famille n'existent pas encore: Albus Martin;
Jean, fils de feu Berengerri; Girols de la Crête; Pierre le Dîmeur; Pierre Marchianz; Martin de la
Plassy; Aymon, fils de Jean dou Pomere; dame Anna, épouse de Preyt; Girold oui Preyt; Girold
Puer; Ucogniez.
A l'origine, le village appartient, comme le Mont-de-Lens, aux seigneurs de Granges qui en cèdent les
droits féodaux à plusieurs familles dont les d'Ayent, les de La Tour et les d'Albi.Mais, dans la grande
communauté de Granges, les quartiers connaissent une certaine autonomie. Vers la fin du XIVe et le
début du XVe siècle, l'émiettement des droits seigneuriaux et la lutte de l'Evêque contre le pouvoir
des nobles du Valais favorisent certainement le mouvement communal. Ainsi, Lens se sépare de
Granges et passe sous l'autorité désénale de Sierre sans préjudice aucun de son autonomie.
Dans
l'organisation de la Grande Communauté de Lens, les quartiers (Montana, Chermignon et Icogne)
jouissent d'une grande liberté, chacun possédant un territoire défini et des coutumes particulières.
Le premier document concernant l'organisation de
notre commune ne date que de 1603. Cependant, il faut se garder de croire qu'il n'y a véritablement
une commune qu'au moment où les textes en parlent. N'est-il pas naturel qu'un groupe humain
délègue certaines compétences à des hommes choi- sis en son sein? La mention de «procureurs» dans
des documents du XIVe siècle semble prouver qu'une organisation commune existe dans les faits
depuis un certain temps.
Ce qui frappe dans les textes antérieurs au XVIe siècle, c'est l'omniprésence de la Confrérie du
Saint-Esprit. Qu'est-elle? Quelle est son importance dans la vie communautaire? Selon le Père
S. Crettaz, les Hospitaliers l'établissent en Valais au milieu du XIIe siècle, avec pour but d'héberger les
pèlerins à une époque où les hôtels n'existent pas; mais elle s'occupe aussi de toute autre oeuvre
charitable. La Confrérie est fondée à Lens en 1300.
Son rôle public paraît très important; en effet, lors
d'une réunion, en 1401, les hommes du quartier de Lens décident que toute personne qui jouit des biens
de la communauté doit «faire la Confrérie du Saint-Esprit» à son tour. Il existe donc une quasi identité
entre communauté et Confrérie.
Si celle de Lens est la première, les autres quartiers ne tardent pas à l'imiter; celle d'Icogne date d'avant 1400. Ainsi,
ces «corporations rurales» apparaissent comme le berceau de la vie communale. Pierre Duparc, qui
consacre une étude à cette Confrérie, écrit: «Entre la Confrérie et la communauté ... il y a confusion de
patrimoine»; puis: «Ces confréries ... ont donné naissance aux communes». Il confirme donc
qu'elles ne dépendent pas de l'ordre des Hospitaliers. Leur dénomination pourrait
provenir du choix de la Pentecôte pour la réunion annuelle.
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